Je suis de retour, oh yeah! Projetant, il y a deux mois, de quitter la capitale pour un voyage vélo en solitaire à l'Île du Prince Edouard, j'ai fait mettre au point mon vélo, me suis acheté des shoesclaques (?) et un sac à eau (summum du cycliste cool), et je suis partie dimanche soir... avec ma maman, et en sachant très bien que bon, le vélo, y sortirait peut-être pas si souvent que ça de son rack. Peut importe: je viens de rentrer de la plus belle semaine de vacances de ma vie. Ma maman, moi, les maritimes, du soleil, la mer, et pas de plan. Improvisationnons donc notre bonheur, un jour à la fois.
Jour un: départ. On roule jusqu'à être fatiguées, ou jusqu'à trouver une place où coucher.
On opte finalement, à l'entrée du Nouveau-Brunswick, pour un camping Irving... une chouette station-service/truck-stop, gratuit, avec toilettes. Maman, non-fan de camping, a improvisé un camping-car dans sa Honda Fit. Unbelivable but true: un confortable lit queen a occupé, durant tout le voyage, l'arrière de la voiture. On a élu campement dans le parking, avec les camions qui allaient et venaient. On a bien dormi.
Jour deux: une heure plus tard dans les maritimes. On traverse la province d'ouest en est par une incroyable route (la 108) dans les montagnes et la forêt. Aucun signe de vie sur trois cent kilomètres. Seulement des avertissement de présence d'orignaux. On en a pas vu. Pour la nuit, notre dévolu se jette sur le parc national de Kuchibouguac: de magnifiques espaces boisés, un décor enchanteur, à 500 mètres de la mer. Je plante ma tente "pour deux" (deux enfants ou deux amoureux de 90 lbs chaque en lune de miel) et maman installe son lit.
61 degrés...... risqué la pneumonie pour faire ma though...
C'était cool, cold, freezing. Amazing. En rentrant, j'ai appris à pêcher les moules, et en 15 minutes, j'en ai attrapé une naïve et me suis coupée sur une plus futée. Échec, mais je prendrai ma revenge, juré!
Nuit: me réveille en sursaut à 3h du matin. Des bruits dans les roches et les feuillages autour de ma tente...... des bruits de quatre-pattes et des snif-snif de pas-humain. Figée style pogo dans mon sleeping, tentant de réfléchir à la potentielle bouffe (outre moi) présente dans ma tente et pouvant attirer les bébites ("j'aurais jamais dû apporter mon chocolat noir aux cerise rehaussé de piment fort...!!") une seule image hante mon cerveau, la pancarte à l'entrée du parc où nous sommes: "Bienvenue au pays de l'ours noir!". Mamaaaaannnnnn........
Après, une seule réflexion: "j'veux pas mourir en camping...!"
Lendemain matin, une seule chose éventrée: le sac à poubelle où restaient quelques spaghettis sauce tomate. J'suis en vie.
Jour trois: moustiques. Au réveil, nombre de piqûres qui piquent: 20. Bénadryl, on t'AIME! En route vers
Bouctouche, maman et moi nous arrêtons par hasard près d'un port de pêche, et on découvre, toujours par hasard, la plus belle plage de sable blond dans les environs. Son principal atout: sa désertitude. On est tu-seuls lâd'su. La beach est à nous!!!... et aux jellyfishs. Sympa. On a mangé comme des rois sur ce petit bout d'paradis, grâce au merveilleux poêle au butane de mon papa et à la bouteille de vin achetée la veille.
Mais là, après, il pleuvait un peu, et on voulait traverser à l'IPE le soir même, alors on est arrivées au Linkletter provincial park à la nuit tombée, et je n'avais pas envie de planter ma tente, alors maman et moi on a patenté le lit queen mais en ouvrant le moins possible les portes pour ne pas se faire sucer par les p'tits criss de vampires qui bzz-bzztaient autour de l'auto, et il faisait chaud, et on était pognées et fatiguées, et c'était chiant, et on s'est engueulées, et ça a été notre seule dispute du voyage. Alors le lendemain, on l'a oubliée.
Jour quatre: sur l'île au pas-trésor. Au réveil, reprise du concours de "celle qui se défend le mieux contre les suceurs ailés". Je gagne, avec 33 piqûres "seulement", alors que maman en a 24 juste sur sa jambe et son bras gauche.
Vers midi, on arrive au parc provincial Jacques Cartier, là où JC aurait au tout début mis pour la première fois le pied, trouvant donc ça beau.
On est d'accord, parce que la première chose qu'on s'est dite, découvrant notre emplacement de camping demandé avec vue sur la mer, c'est "Le paradis existe". Alors du coup, on est heureuses, mais heureuses!!! Comprenez: on a notre boisé à nous, avec un trou au milieu pour la tente, l'auto et la table à pique-nique, on est isolé du reste du monde, et de notre clairière, un espace entre les buissons donne di-rec-te-ment sur la merveilleuse plage de sable rouge, et sur l'océan. Le paradis, j'vous dit! J'ai fait bronzette, j'ai lu sur le sable au soleil couchant après une balade avec maman à l'heure magique où la lumière est si dorée, et je me suis endormie bercée par les vagues. J'ai bien dormi.
Jour cinq: soleil levant et vélo. Notre coin de paradis a la mer à l'est. D'un romantisme incontrôlable, je décide
qu'il me faut voir le soleil se lever sur l'océan. "Maman, à quelle heure il se lève, le soleil?" que je demandais, la veille. "Bah... vers 4h30, 4h45..." Alors moi, à 4h35, je suis assise les deux fesses dans le sable froid, emmitouflée dans deux chandails, un manteau et un foulard, attendant que daigne se lever la boule. En tout cas, j'peux dire que j'ai vu tous les dégradés de l'aube, du noir au bleu en passant par le violet, le jaune, le vert et l'orangé. J'ai eu bien le temps de tout admirer, parce que le soleil, il est apparu à l'horizon à 5h53, environ. Je suis restée sur la plage jusqu'à 6h05, moment où c'était devenu trop aveuglant pour regarder. Quelle beauté, ce lever de soleil! Mais le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il s'est fait désirer, l'agace...
À 9h30, maman et moi avons enfourché nos vélos pour une balade d'une trentaine de km jusqu'à North Cape, température parfaite, superbe balade. Le retour a été plus pénible pour le popotin douillet de ma maman, par contre. À environ 10 km du parc, elle s'est avouée vaincue et j'ai dû sprinter jusqu'à la voiture pour jouer les taxis. Bon. M'enfin: bel effort, et belle performance quand même!
Jour six: après la pluie, le beau temps. Réveil maussade, on plie bagages, on quitte le p'tit coin de paradis. On se dit que vu que le temps est moche, on va aller faire les boutiques à Charlottetown. Mais une fois là-bas, le soleil se pointe, cet ignoble tentateur! On reprend donc la route à toute allure (après avoir quand même perdu deux heures de beau temps dans des boutiques trop touristiques) et on se retrouve dans un parc national au centre-nord de l'île. Impatiente de noyer ma mauvaise humeur dans les vagues, je me précipite dans l'océan, sitôt arrivée, pour un 45 minutes style "piscine à vagues". Bonheur!! Jamais je n'ai été si bien dans l'eau, et jamais je n'ai autant détesté les bikinis qui ne sont pas fait pour cacher quoi que ce soit en contexte de "sauts dans les vagues". J'ai aussi détesté le monsieur qui m'a fait réaliser ma subite exposition mammaire (!) d'un coup d'oeil particulièrement appuyé.....
(si quelqu'un pouvait m'expliquer la signifiance de cette comparaison...). Superbe balade de deux heures où nous avons pagayé dans des grottes et entre les falaises, puis dans de grosses vagues éclaboussantes. Cool!
En quittant les lieux, on se dirige vers Cap Enrage (comme la chanson de Zachary Richard), le bout de la fin du monde. Isolation totale dans un contexte génial: suite à la modernisation du phare, puisqu'un gardien n'était plus nécessaire, le site est tombé à l'abandon. En 1992, six étudiants décident de le restaurer, malgré l'interdit du gouvernement qui souhaitait sa disparition.
De six, ils sont maintenant 21 high school et university students, qui entretiennent les lieux et en font un incroyable site à découvrir, gérant seuls le restaurant, la boutique, les installations... La vue est exceptionnelle, les jeunes sont trop sympathiques (tumbs up au mignon serveur à l'enthousiasme contagieux), et comme job d'été, c'est hallucinant: ils logent tous ensemble dans cet endroit isolé du monde, égayant leurs temps libres de sorties en kayak, de descente en rappel ou de chute "libre" suspendus à une poulie, vélo, marche, natation... wow.
En soirée, on se rend à St-John's, dodo chez le cousin de maman.
Jour huit: On reprend la route, tôt, et on traverse tout le NB pour rejoindre Québec vers 18h. Retour sous la pluie, la brume et le froid: ça témoigne bien de notre tristesse de voir s'achever ces incroyablement belles vacances.
- "MAMAN!! Faut refaire un voyage comme ça tous les étés!
- Ouais mais ton père va être jaloux, là... il aimerait ça, lui aussi, voyager...
- Hum... on a qu'à lui dire que ça a été un fiasco, et qu'on doit se reprendre l'an prochain!"
Mouais.
Ah oui! On a traversé tout le NB, prenant les chemins les plus perdus et les plus marécageux pour apercevoir un de ces fameux orignaux dont nous prévenaient les 452 panneaux partout sur les routes... Au final, tout ce qu'on aura vu, au NB, ce sont des troupeaux de moose...quitos!

8 commentaires:
Vraiment hot la photo du jellyfish... on dirait un faux! T'as pas eu peur d'être si près???
Je t'envie de pouvoir passer une semaine avec ta mère sans t'engueuler... moi avec la mienne après plus d'un an sans se voir, on n'a pas tenu 6h. Pas méchant, mais on s'en passerait.
bisous
g
Bonne Fête SoBe!
(c'était hier le 9, je sais)
merci de m'avoir laissé te voir!
xxx
ghlom
J'adore toujours autant te lire :)
Que de talent, tu m'épateras toujours!
Une bien belle histoire qui donne envie de voyager, loin de Paris, de la pollution,... et des français!!
Biz à toi, puisses-tu continuer à m'(/nous)émerveiller encore longtemps!
Matt.
J'avoue que c'est cool, pouvoir passer une semaine en tête à tête avec ma mère et m'amuser follement. Peu de gens m'ont dit pouvoir faire la même chose... mais je crois qu'en vacances c'est quand même un peu différent d'à la maison, parce qu'on est heureux et pas stressés... M'enfin.
Merci Matt pour le compliment, je rougis (oui oui!) de savoir que mes histoires émerveillent jusqu'en France, quel honneur!!
Dez: je t'aime!!! merci d'avoir laissé tomber toute activité chic et mondaine pour fêter mon campagnard anniversaire! Et pardon d'avoir mis tout le monde à la porte si tôt, j'étais si fatiguée... Next time, on fera la roumba toute la nuit! (si quelqu'un me définit éventuellement l'expression "faire la roumba"...)
Smack à todos!
Hé ben... Je viens de comprendre le message que tu as laissé sur mon blog! Bonne fête en retard chère lionne!!
gxxx
PS: j'ai oublié de te complimenter sur la manière exquise dont tu portes le ciré jaune sur ton (mini-?) short-jean ^^ Une nouvelle mode est lancée ;)
AH! On remarque ENFIN mon incroyable talent vestimentaire! Matthieu, tu as l'oeil!
(hum... à moins que cette remarque ne soit débordante de sarcasme?!? hum...)
Hum...
Absolument aucun sarcasme dans ma remarque, promis-juré!
Bien au contraire, t'es toute jolie ;)
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